Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 10:26
Je ne sais pas ce qu'on fait de notre passé encombrant. Celui qu'on s'efforce de ranger dans une boite qu'on voudrait poussiéreuse (mais qui l'est rarement) et qui regroupe ces catégories diverses et variées : nos conneries qui ont fait souffrir les autres, les gestes des autres qui nous ont blessés, déçus, perturbés, pourris, les mauvaises nouvelles de la vie et j'en passe. C'est un peu la boite de Pandore de nos soirées perdues. On s'égare une seconde sur telle réminiscence, et ce sont des heures à remuer le couteau dans la plaie qui s'en suivent, à refaire mentalement ces scènes où l'on aurait voulu dire ce qu'on n'a pas osé, claquer la porte au nez, se demander comment aujourd'hui on a pu pardonner ci ou ça, alors que quelque part dans un coin de notre hémisphère gauche (droit ?) on est encore blessé. Mais il est inutile de se positionner uniquement en victime, le procédé marche aussi a l'inverse, et alors, deux mauvaises sensations pour le prix dune, vous pouvez aussi vous sentir coupable de ce que vous avez pu faire ou dire, un peu comme le fantôme de votre conscience qui viendrait frapper a votre porte en même temps que tout le reste. C'est fatiguant , mauvais pour la santé, et pour votre grain de peau il parait. La grande question serait plutôt de se demander si ces émotions soudaines venues dune époque révolue témoignent dun manque dévolution de notre part. Est ce qu'on a raté le coche ? Est ce que si on a encore envie de pourrir les cons de notre classe de terminale, si on voudrait baffer très fort l'ex no.53 (cette dénomination est une pure fabulation, je ne numérote personne et, même si c'était le cas, faut quand même pas déconner j'en serai pas a 53), ou si on a encore envie de se lever et dire ses quatre vérités a l'autre sur combien toute cette histoire a été invivable (alors qu'on la déjà fait au moins 3 fois), est ce que tout ça, tout ce ressenti qu'on s'accorde à avoir malgré nous quelque fois dans l'année (euphémisme) veut dire qu'on a oublié d'évoluer ? Peut être que le fait que tout cela reste au stade de fantasmes des pensées noires de nos nuits blanches témoigne d'un véritable progrès quelconque. Parce qu'on sait que notre plus belle vengeance, c'était réaliser ses rêves, sa vie, malgré eux, et que jusque la, on l'a plutôt bien (voire très bien, lançons nous des fleurs) fait. Qu'on peut réussir à mettre une culpabilité quelconque au placard  en faisait de maintenant quelque chose de bien, par opposition avec un "avant".  Et en attendant, on trouve des catharsis où l'on peut. Et on se retrouve à écrire des articles à 2h du matin alors qu'on a un train dans 4h30 tandis que certains écoutent une playlist un peu sordide,  laissent des commentaires rageux sur un blog ou écrivent des mails d'un bras. L'idée prédominante restant qu'une fois la boite refermée, quelques secondes, minutes, heures plus tard, rien ne nous empêche de profiter de ce qui se passe la, maintenant, sous nos yeux. 
Par Ambre
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 23:55

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photo : quelque chose comme aout 2009, sur l'ilot d'en face. 


Je n’crois pas que l’on puisse changer qui l’on est, oublier d’où l’on vient. C’est quelque chose qui sera toujours là, dans un coin de nos têtes, qui se manifestera d’une façon ou d’une autre au moins une fois par jour, même une futile seconde.  Je crois que peu importe le taux de mélanine présent chez chacun de nous, chaque centimètre carré de notre peau sera toujours irradié de soleil, de mer, de sable et de cocotiers. Il suffit, à la seconde, de fermer les yeux pour sentir  encore notre corps bruler sous la chaleur, le gout qu’on a dans la bouche, juste après avoir bu la tasse ou bien l’odeur de notre peau chlorée, après avoir plongé dans une piscine. On ne change pas, et on ne peut pas changer ce que nos origines ont fait de nous, ça reste là, quelque part. C’est plus qu’un simple nom de ville écrit sur un passeport.

Mais ça ne veut pas dire pour autant que chaque endroit suivant reste condamné à n’être qu’un semblant de « chez nous », pour palier le manque de celui, originel, qu’on finira bien par retrouver, dans quelques mois, dans quelques années.  Ça ne prend pas six mois pour s’intégrer, ça ne prend pas un an. Mais pourtant, dans ce temps de transition, il y aura un moment où cette ville d’adoption, cette ville dans laquelle vous avez délibérément décidé d’aller, cette ville pour laquelle vous avez délibérément quitté votre pays ou votre nid, deviendra votre « chez vous ». Ça commence peut être lorsqu’on réalise que l’essentiel de ce qui fait vibrer notre smartphone ou tout simplement notre vie vient de ces personnes nouvelles, celles qu’on a rencontré après notre arrivée, et qui n’ont rien à voir, de près ou de loin avec là d’où on vient. Ça commence peut être lorsqu’on réalise que les monuments parisiens peuvent être vus  1, 2, 10, 100 fois, avec toujours ce « mais qu’est ce que c’est beau » au creux du ventre. Ça commence peut être lorsqu’on s’agace d’entendre les gens critiquer notre ville (alors même qu’on se sent libre de critiquer la leur, prétextant que Gravier n’a pas parlé de « Paris et le désert français » pour rien). Mais il y aura un moment clef, dans cette intégration, dans ce moral en forme de courbe sinusoïdale, où cette ville, cet appartement de 3m2 que vous payez trois bras par mois, deviendra votre chez vous, et que ces gens, ces nouveaux amis français, ces études si parfaites et qui vous rendent si fière, vous transcenderont littéralement. Alors, la France devient plus que ces réminiscences de vacances de votre petite enfance. Alors, la neige va au delà de vos premiers souvenirs de ski, et ces petites choses qui vous font tiquer la journée : le froid, l’odeur des mandarines qu’on épluche, deviennent alors plus que ces souvenirs qu’on s’est attaché à poser sur ce pays avant synonyme de tourisme et vacances, à 22.000km de notre bout de paradis natal.

On n’oublie pas d’où l’on vient. On ne cesse jamais d’avoir ce cœur qui bat quand on entend la mer. A voir les gens s’émerveiller des paysages paradisiaques, on ne cessera jamais d’avoir envie d’hurler que « mais chez moi, c’est comme ça ». Mais on apprend que la mer turquoise n’est pas le critère universel de la beauté, et qu’on n’avance pas en disant stupidement que « la France et la mentalité des français, ça vaut pas le coup, et la Calédonie, c’est tellement mieux ». Parce que, lorsqu’on prend une infime minute pour comprendre que l’effort n’a pas à venir de 65millions de personnes et d’un pays entier, mais de nous, alors, les choses finissent par s’imbriquer d’elles même. Et ce coin, dans lequel on a choisi d’insérer un bout de vie, un bout de rêve, pour quelques années, devient alors ce « chez nous ». 

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Photo

Par Ambre - Publié dans : Petit entretient au coin de ma tête
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 14:06

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Photo : Love is a Battle field

 

Pas de citation en guise de titre d'article, allons directement à l'essentiel. En cette heure, 9h03, mon cerveau devrait être saturé de divers arrêts de droit administratif, et divers articles de constitution, devoir sur table commençant dans une heure oblige. Helas, trois fois hélas, il semblerait que mon esprit en ai décidé tout autrement. Lançons nous donc dans le développement hasardeux d’un fameux deux parties, deux sous parties.

 

         Se confrontent déjà deux citations hélas ni issues de Kant, ni d’Hegel. "Ne perdons rien du passé. Ce n'est qu'avec le passé qu'on fait l'avenir". (A.France) dont il espérait probablement que sa maxime aurait une fin plus intelligente qu’un débat sur la vie sentimentale, et puis « Il faudrait rendre au passé sa véritable vocation, c'est-à-dire d'être oublié » comme le dit D.Glocheux. Pas évident à partir de ces deux points de vus récurrents , de se faire une idée.

Sous quel prétexte donc, vouloir reprendre contact avec son ex ? Techniquement, pas pour ressasser un passé. Ça n’intéresse personne à l’heure où chacun est allé de l’avant (oui parce que l'idée, c'est tout d'même d'être allé un minimum de l'avant). Bien sur, il y en aura toujours avec qui l'on peut directement parler de l'ancienne relation, sur un ton humoristique, avec une sorte de tendresse pour ces souvenirs, mais souvent, c’est le genre d’ex qui est devenu gay depuis, couplé d’un « on était vraiment jeune », et aussi parce que la vie a fait qu’il est resté dans le quotidien à travers les époques. Parfois, à défaut de se référer au passé, les gens réussissent à garder une forme de complicité acquise. Forcément, en quelque sorte, sortir ensemble, c’est connaitre l’autre  en version accélérée… alors même avec le temps, on continu d’être curieux, de se soucier. 


Ça c’est dans le meilleur des cas. En vrai, souvent, il a fallu que l’eau coule sous les ponts, que chacun digère divers chagrins, envie de vengeance (voire de meurtre), vive sa vie… et surtout, faut il que la vie de l’autre soit en mesure nous intéresser à nouveau. Parce qu'en vrai, il y a surtout ceux à qui on ne parle plus vraiment (ou du tout), ou plus trop naturellement. Parce que oui, la fameuse eau, le fameux pont… le processus n’est pas encore achevé en fin de compte, c’est le genre de chose absolument imprévisible, qui s’étale de plusieurs semaines, à plusieurs années (voire décennies, mais ayant 20ans, un tel commentaire m’est étrange).

Deux catégories à expliciter dès lors.

-Ceux à qui on ne parle plus parce que l’on n’a (plus) rien à leur dire (d’ailleurs, a-t-on eu un jour quelque chose à leur dire ?), plus rien en commun au delà de conversations creuses et énervantes, la curiosité en est alors déçue. Ma foi n’y a rien de mal à ça, on ne reste pas ami avec les mêmes personnes toute sa vie, il en est de même pour eux. On tente de reprendre contact pour raison X ou Y, curiosité, un « tiens je vais dans ta ville » ou autre, et là, vlan, aucun point commun, aucun intêret à converser. On passe son chemin. Fin de l’histoire, allez bonne continuation dans ta vie, bisous !
-Ceux à qui on aurait encore un milliard de trucs à raconter, si l'histoire/la relation ne s'était pas d'une façon ou d'une autre, immédiatement ou non, terminée plutôt tragiquement (incluant un ensemble de mots pas franchement polis, des gestes violents, des sms insultants et autres variantes).
L’avantage dans ces deux cas, c’est qu’au moins, on aura en dernier le souvenir d’avoir essayé, pas celui où l’on se jurait qu’on viendrait cracher sur sa tombe.

Bien sur, on pourrait écarter ces idéaux types webérien au delà  de la simple caricature (quoi que, la notion d'Idéal Type selon Weber perdrait alors tout son sens), mais je n’ai pas la prétention de faire de ma vie et de ses cas personnels une généralité quelconque.

On reprend contact par curiosité donc. Ou pour se prouver qu’on a su enterrer la hache de guerre. C’est même une façon de se féliciter, d’alléger sa conscience. « Waw, je fais preuve d’une telle maturité… ». Paf, 100 points de plus sur le Karma, ça compense le fait qu’on n’ai pas laissé sa place de métro à la vieille dame d’hier, et tout le monde est content.
Il y a quelque chose d’extrêmement égoïste dans le fait de reprendre contact avec l’autre. Au delà de se prouver que notre démarche est « mature », et d’alléger notre conscience (dans le cas où l’on ait été en tord) on a surtout envie de prouver quelque chose à l’autre. Qu’on est quelqu’un de bien ou even better, qu’on est quelqu’un de mieux. (personne n'a envie de croiser son ex en mode "je sors faire des courses en pyjama sans maquillage combiné à un état de lendemain de cuite"). C’est un peu une sorte de « ton jugement actuel sur ma personne est erroné par notre passé (pourri) en commun, regarde comme je suis drôle, belle, jolie, intelligente, subtile… même parfois (j’ai bien dit « parfois » !) une sorte de « tiens, regarde ce que t’as loupé, connard ». (je n’ai pas dis que la reprise de contact était désintéressée dans 100% des cas, à l’allégement de conscience vient aussi se coupler une sombre histoire d’égo).

Notre vie est rythmée par des gens différents. La vie sentimentale j’entends. Si on exclu les flirts et diverses relations inintéressantes, il y a deux grosses catégories. Celle des amours, plus ou moins vrais, qui nous transforment, littéralement, pas nécessairement l’amour lui-même, mais les conséquences globales de l’histoire etc… le genre de personne qui, avec les années, même s’il n’est plus rien, sera toujours ce symbole, il aura joué un rôle dans notre vie, (bon ou mauvais, ce point de vue pouvant être appelé à évoluer avec les années). Et puis les autres, ceux qui sont là de passage, qui permettent simplement d’amorcer une transition dans notre vie ou d’en terminer une. Ca ne symbolise pas des histoires importantes en soit, rien d’extraordinaire, rien que nous n’aurons pas oublié dans 10ans (allez, soyons sympa, disons 20), mais ça aura été là, à un instant T, et, à défaut d’avoir été l’aboutissement d’une chose, c’en aura été l’infime commencement.

Pas vraiment de réponse à la question donc, rien de merveilleux non plus à reprendre quelconque contact si ce n'est alléger sa conscience, se dire qu'on peut retirer un conflit de moins dans notre vie, avoir l'agréable perspective d'avoir pu laisser un souvenir de soi (hypothétiquement) un peu plus positif, ou avoir une excuse pour envoyer un mail de joyeux Noël/bonne année/joyeuxanniversaire/boncouragepourtesexams ! Mais ne laissons pas de coté l'importance dans notre cerveau, de pouvoir regarder un passé un peu moins tumultueux et un peu plus verdoyant que le champ de bataille dans lequel on l'avait laissé.


Par Ambre - Publié dans : Petit entretient au coin de ma tête
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 22:27

A-t-on besoin de l’Autre pour vivre ? Est-ce que c’est ça, le fait de se sentir seul, quand on ferme la porte de chez soi ? Plus personne pour nous regarder évoluer, personne à qui répondre, personne pour nous donner cette impression qu’on existe pour quelque chose, et donc, que notre vie est productive. On pourrait même étendre nos tergiversations, et se demander si la conscience de soi doit, oui ou non, quelque chose à autrui.

Loin d’une rédaction en deux parties et deux sous-parties, peut être serait il bon de s’interroger sur le coté étrange de ce sentiment de solitude, qu’on pallie, maladroitement et étrangement par une utilisation de facebook ou de nos sms illimités, habitudes absolument inconsidérées et inconsidérables il n’y avait même pas cinq années de ça. Il y a dix, vingt ans, personne n'avait tout ça, personne (ou presque) n'en est mort.

Sartre explique lui-même qu’on ne peut qu’apprendre à se connaitre et se définir dans le regard de l’autre. Nous pourrions même partir dans de grands délires philosophiques en reprenant le fait que l’autre reste ce médiateur entre moi et moi-même. Les études sont nombreuses la dessus, et passent de la philo à une science sociale immensément plus intéressante que représente la sociologie. Goffman, par exemple, comme tout interactionniste qui se respecte, définit l’idée d’être et d’exister à travers les échanges. On est ce que l’on présente au monde. Dans ces deux cas choisis absolument arbitrairement (et aussi parce que ma pauvre mémoire ne me permet pas d’avoir plus de sources) une vie solitaire ne laisse rien présager d’autre qu’une espèce de non existence, où l’individu n’a pas l’air d’être grand-chose.

Sommes nous donc capable de vivre,  rentrer chez soi le soir, et se contenter d’un bouquin, d’un cd, sans chercher une quelconque communication extérieure pour exister, et sans non plus, vouloir pallier sa solitude en s'inondant le cerveau de vieux souvenirs et fantomes, datant d’une heure ou d’une année ?

Il faut bien l’avouer, nous ne saurions exister seul. Voila pourquoi ces solitudes nocturnes, que l’on achève à coup de séries télés, travaux universitaires et divers échanges internet ne nous empêchent pas de se retrouver là,  parfois, et s’interroger sur la question de notre bonheur personnel. Je ne crois pas que personne saura un jour répondre que sa qualification du nirvana ressemble à une vie d’ascèse solitaire. Être heureux de se retrouver chez soi le soir reste un plaisir rare, qui ne rime pas nécessairement avec notre quotidien. Alors, pour combler le tout, on diffuse ce que l’on peut. On lance un défi physique à la communication. Des pseudos, des photos, des liens vers des vidéos débiles. Regarde comme elle est bien ma vie. Je n’suis plus là, mais je le crie, sait on jamais, hier, 15 octobre 2011, moi, Ambre, j’ai eu 20 ans, c’était merveilleux comme journée. Regarde, tu voulais des photos, en veux tu en voila. Hey, tu sais dans deux semaines, je suis à Londres aussi, et à Dublin après. Après, pelle mèle, à Lyon, Frontignan, Lille, Caen, le Jura, et Prague, avec les copines, tout ça en même pas deux mois, fou non ?  N’importe quoi, pour crier, par tous les moyens que l’on puisse, qu’on continue d’exister, et qu’on va bien, que cette vie là, elle vaut le coup. Parce qu’il faut bien se faire une raison. Crier aux autres un bonheur un peu surjoué, c’est aussi se rappeler que notre vie, c’est bien plus que ces quelques petites heures en demi teinte du soir. Mais dans tous les cas, reste la présence étrange et inexpliqué d’un Autre dont on ne saurait se passer.  A quand notre autosuffisance psychologique et psychique ? 

 

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Par Ambre - Publié dans : Petit entretient au coin de ma tête
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 00:46

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On retombe amoureux. On fait sa liste de course dans le métro, dans une nouvelle note sur son téléphone portable. "appeler les grands parents", "passer à la banque" on ajoute dans un coin. On hésite à ressortir le manteau d'hiver parce qu'il fait froid. Et à mesure qu'on entend nos ballerines fouler le sol, on sent les gouttes de pluie sur ses épaules. On voudrait presque qu'il neige, ça rajouterai un côté bucolique. On rêve dune cigarette, juste pour se donner l'impression que la fumée nous réchauffera un peu et que la nicotine nous remplacera la chaleur humaine au creux des poumons.

On voudrait courir ivre dans les rues parisiennes. Descendre les escaliers de Montmartre au crépuscule. Sentir encore la rosée du matin quand on se balade sur le champ de Mars. Voir la tour Eiffel briller et se sentir un petit quelque chose, devant cette immensité de beauté. Boire encore du champagne au jardin du Luxembourg.

On court et on traverse au feu vert pour ne pas rater le tram. On marche au son de Zazie. On pense a lui. A nos 20ans imminents. On n’fait plus attention aux gens qui se retourne sur notre fantaisie capillaire. On se pose sur les marches de la Cité Universitaire,  à écrire sur son iPhone, juste en dessous de la liste de course, et on regarde les braises consommer lentement le papier jusqu’au filtre. Il fait froid, mais on s'en fou, on a des mots plein la tête. Et des mots, c'est toujours mieux que des maux. 

On achète des billets pour Prague entre copines. On a une boule au creux du ventre en allant changer ses euros en Livres pour Londres. On pense à lui, encore. On éteint sa cigarette. On ne sent plus vraiment ses doigts. On envoi des MMS idiots aux gens. On écoute Radiohead. On s'inscrit pour des cours de danse, on plonge dans une piscine et on nage a en avoir mal aux poumons.  On parle anglais aux gens de médecin sans frontière, parce qu'on ne sait pas comment leur dire que c'est bien ce qu’ils font, vraiment, mais là, tout de suite, ça ne nous intéresse pas. On apprend sur son iPhone que Steve Jobs est mort et on se dit que la boucle est bouclée. On se dit que la vie c'est un peu métro boulot dodo, et puis, on se relie. On réalise qu’avant de fermer la porte de son 15m² pour se retrouver seule, il s’en passe des choses, des gens, une masse grouillante d’anecdotes qui remplissent notre vie. Un peu de métro boulot dodo à côt" dune vie qui nous tend les bras. Alors, on pense à soi, aux autres, et on sourit.

blog

Par Ambre - Publié dans : Au quotidien
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 17:20

Paris by ton3


C’est une drôle de curiosité Paris. Inculquer en vous le fait d’être pressée constamment, alors même que rien ni personne ne vous attend. Avoir des envies d’insultes lorsque la personne devant vous ne marche pas assez vite, ou s’arrête en plein milieu du trottoir. On voudrait presque  lui dire « non mais ça va pas non ? ». Au début, quand on vient d’une petite ile où le sourire est constant et où l’inconnu que l’on croise nous échange un « bonjour », on est choqué, bien entendu. Le cœur qui se sert à chaque SDF que l’on croise et les bénévoles de Médecins du Monde et de la Croix Rouge qui nous font leur speech pendant 15 minutes, on y a tous droit.

Et puis avec le temps, tout ça, on ne les voit même plus. Ils deviennent transparents. On fait un détour, on regarde par terre, ou droit devant soit.  Paris achève presque son processus de déshumanisation partielle, et l’on se fond dans la masse urbaine de ces gens qui « font la gueule dans le métro », où l’inconnu, celui d’en face, reste avant tout une source d’ennuis potentiels. Bien sur, et bien heureusement, Paris n’est pas que ça. Mais elle est victime du même syndrome des grandes capitales qui grouillent d’une foule anonyme dont les membres n’ont pas vraiment envie de se connaître les uns les autres.

Et pourtant, allez comprendre, on en devient fier. On s’arroge de ce parisianisme qui pourtant, ne nous défini pas depuis longtemps, et qui ne nous définira probablement jamais complétement. On s’amuse à notre tour, de ceux qui saisissent les prospectus à la sortie du métro, ou qui, pire encore, parlent à leur distributeur. Trop d’humanité chez ces provinciaux que nous n’avons plus l’habitude d’avoir. Parce que Paris a beau avoir ce coté froid, ce coté sous terrain et ce coté pressé à n’en plus finir, ça reste cette sorte d’arrogance, d’être capable d’évoluer dans le tout, là ou tout est forcément plus prestigieux, et surtout, même difficilement, d’y faire sa place.

 

photo : by ton3

Par Ambre - Publié dans : Petit entretient au coin de ma tête
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